Merci Lota pour la carte 2

Publié le par Zhaan

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Un coup. Une douleur, à un point précis, dans le dos. Les terminaisons nerveuses prennent le relais et diffusent la souffrance partout. 

                        Un beau jour, une nuit,

                        Près d’un lac, endormie,

                        Quand soudain, il venait de nulle part,

                        Il surgit…[1]

Ce poignard. Planté dans le dos de Lota qui suffoque. Les yeux écarquillés, comprenant à peine ce qu’il vient de lui arriver, elle s’écroule à terre, lentement.
Choquée, immobile. Son sang rouge s’écoule et sort de sa plaie. L’arme blanche a été retirée. Il s’agissait juste d’un coup, à la va vite, comme pour vérifier qu’il était assez aiguisé.
Le poignard s’est enfui avec son propriétaire qui ne sait même pas qui il vient de tuer.
Etendue sur le trottoir stérile de la ville, Lota attend patiemment d’être assez vidée de son sang pour mourir. Elle ne peut rien faire d’autre.
Scopa, miaulante et ronronnante, se frotte doucement contre elle. Comme beaucoup d’animaux, elle sent et voit la mort quand elle arrive, inexorable.
La lumière est toujours la même, froide et chaude à la fois. Etrangère et maternelle.
Personne n’est là pour lui tenir la main, pour lui dire de se battre, de continuer à vivre. Personne ne lui dit de regarder fixement cette lumière intense qui apparaît devant elle,tandis qu’un voile couvre ses yeux.
Jeune fille de notre monde, elle s’apprête à mourir seule. 
Allongée, dans une ambulance, on lui parle. On lui demande son nom, on lui demande si elle entend.
Elle entend, mais ne répond pas.
Un homme lui tient la main. Son contact est chaleureux, humain. Une grande douceur émane de lui, une douceur qui rayonne et la pénètre. De cette façon, elle se sent mieux, elle a moins mal. L’ambulancier, après avoir fouillé son sac, n’a rien trouvé qui pourrait lui dire qui elle est. Pas de carte d’identité, pas de Carte Orange, aucune carte de crédit, pas même de carte Vitale ! Il n’y a rien d’autre que quelques babioles.



[1]  L’aigle noir de Barbara.

Publié dans Nouvelle : Lota

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